Merci Francesca pour votre message. J'ai donné un coup d'œil à la page en question et je dois dire que le spectacle est affligeant. Cela ne mérite vraiment pas de s'y attarder. Et pourtant j'avais trouvé la réponse de l'auteur plutôt sympathique. Cela prouve que finalement mes critiques n'étaient pas aussi incongrues. Lorsqu'on est à court d'arguments, on ressort le sempiternel refrain : "ma lei non sa chi sono io ?"
Quant aux commentaires, ils sont d'une pauvreté qui frôle le néant. D'ailleurs, j'ai le plus profond mépris pour les courtisans ("vil razza dannata") toujours prêts à aiguiser leur bosse pour défendre le maître du moment.
A propos, je saisis l'occasion pour annoncer que notre site compte lancer un débat sur la question " qu'est-ce que la cuisine italienne ? " en confiant à un chef cuisinier la tache de rédiger un article pour, comme on dit, " donner le là ".

SP - (06/11/2007)

Oh làlà làlà…sur le blog cavolettodibruxelles.it on assiste à un véritable lynchage à votre égard. Je ne sais pas si vous êtes au courant, en tous cas la page est http://www.cavolettodibruxelles.it/2007/11/linzertorte

Francesca - Paris (05/11/2007)

note: excellent

Caro Stefano,
J'ai droit à ma petite réponse non?
Alors, ce que vous me reprochez, en gros, c'est de ne pas présenter dans ce livre la vraie cuisine italienne authentique telle que vous-meme, italien je présume, la (re)connaissez. C'est vrai, mais si vous prenez le temps de lire les textes, c'est aussi excactement ce que je ne voulais pas faire, à savoir, singer l'énnième livre authentique de chez authentique, où tout l'Italie en est réduite, plus ou moins, à une Toscana fabuleuse où l'on ne consommerait que crostini ai fegatini, pappa al pomodoro voire, pour faire exotique, ossobuco alla gremolata et, soyons fous, matriciana. Ces recettes, splendides, fabuleuses, excellentes, je ne le met pas en doute, on les a vues et revues mille fois. Ce que j'ai voulu faire noter au moyen de ce livre c'est qu'il existe aussi une cuisine italienne plus amusée, contemporaine, que tout ne s'arrete pas avec la tradition et en ce sens il ne me semble aucunement avoir mis les pieds dans le plat. En effet il y a dans ce livre un chapitre sur lequel vous avez sagement tu et qui présente des recettes de chefs italiens célèbres (il se peut que vous ne les connaissiez pas mais il se peut aussi que vous ne connaissiez pas non plus les noms de leurs homologues français, chacun est libre de s'intéresser à la gastronomie ou non - mais vous devriez au moins reconnaitre que mon travail chez Gambero Rosso me permait d'avoir une bonne connaissance de la cuisine italienne, d'hier et d'aujourd'hui) et qui mieux qu'eux pouvait démontrer ce que devient, aujourd'hui, la cuisine italienne?
Encore deux choses: la soupe aux potirons et amaretti est une recette traditionnelle de Mantova (oui je sais qu'un italien ne peut pas connaitre tous les plats régionaux italiens, il y en a trop, mais voilà), sans parler du coniglio in porchetta, de la caponata, bagna cauda, carbonara aux légumes et tant d'autres recettes du livre qui sont très proches de leur ancetres traditionnels, bref, choquants pas vraiment, si jamais ignorés à l'étranger ça oui. Quant à la bruchetta aux fraises et aux olives, je l'ai publiée sur mon blog italien il y a déjà un certain temps, et elle n'avait receuilli que des suffrages enchantés (vous le trouvez choquant? vous devriez plutot essayer :-).
Je vous donnerai cependant raison sur un point, celui du les noms des plats. A l'origine chaque recette devait etre accompagnée d'un titre bilingue, à quoi finalement l'éditeur a préféré renoncer en raison de questions d'espace (et vous comprenez bien que citer des noms de plats uniquement en italien, créant una aura de mystère et d'hermétisme, n'aurait eu aucun sens dès lors que personne n'aurait bien compris de quoi il s'agissait), et d'ailleurs il me semble ne pas m'etre épargnée à circonstancier les plats dans leur région, origine etc. Ceci dit, tout cela ne représente pas un grand regret, après tout il s'agit d'un livre français et personnellement j'accorde plus d'importance à la substance qu'à la forme linguistique. La question d'ailleurs n'est pas tellement d'étiquetter une chose 'crostino' plutot que 'canapé', 'crème' plutot que 'passatina', ça ce n'est que du langage, la vraie question, en cuisine, a à voir aves les matières premières, les procédés, les techniques et les combinaisons de saveurs et de textures. Et bien je suis désolée mais dans ce sens ce livre n'est absolument pas gallocentriste, loin de là. Bref, je reste d'avis que c'est un livre pour qui, gastronome éclairé ou pas, est curieux de savoir ce qu'on fait ailleurs, maintenant, pour qui est curieux de saveurs nouvelles et pour qui n'a pas peur de s'amuser en cuisine, puis bien sur chacun a le droit de préferer, à priori, la tradition et de s'en tenir à son Cucchiaio d'argento :-)
Cordialement,
Sigrid Verbert

Sigrid Verbert - Roma (03/11/2007)