Cinéma italien
état des lieux
Qui ne connaît pas le grand cinéma italien
d'après guerre ? Le néoréalisme de De
Sica, Rossellini, De Sanctis, Rosi et Visconti mais aussi,
Fellini, Antonioni, Pasolini ou les frères Taviani sont
universellement connus. Depuis quelques temps par contre, mis
à part des rares exceptions, le cinéma italien est
apparu en crise d'identité.
Aujourd'hui des
jeunes réalisateurs semblent donner un nouveau souffle au
septième art, mais leurs films continuent à avoir
du mal à trouver des distributeurs. Bien sûr les
derniers Nanni Moretti ou Roberto Benigni sont programmés
dans des nombreuses et importantes salles de la capitale. Mais
d'autres réalisateurs moins connus à
l'étranger n'ont pas la même chance.
Donc si vous voulez avoir une idée assez précise de
la situation du cinéma italien au jour
d'aujourd'hui ou bien plonger dans la magie des
productions immortelles de la botte, voilà quelques
adresses qui se révéleront fort utiles.
Le Latina
Sur l'initiative de l'Union Latine, en 1984, un groupe d'intellectuels décide de créer une espace de diffusion de la culture latine, en particulier dans le cinéma. Un endroit, où les différentes déclinaisons de la latinité (espagnol, italien, portugais, roumain, etc.) peuvent s'exprimer et se confronter. Ils s'installent, donc, au 20, rue du Temple, où existait le cinéma « le Marais ». Ce dernier change de nom et devient « le Latina », et à l'étage naît le bistrot latin, qui est en même temps un bar, une salle de danse et une salle d'exposition.
Dans ses deux salles, la salle Buñuel de 180 places et la salle Rossellini de 58, chaque année, le cinéma propose une vingtaine de nouveautés italiennes en exclusivité. Les films sont mis à l'affiche au moment de la sortie nationale, et parfois même en avant-première. De plus, le cinéma organise régulièrement des cycles consacrés à des grands réalisateurs italiens.
Parmi les nombreux amis que le Latina peut compter, il y a des Italiens de prestige: Anna Galiena, Giorgio Treves, et surtout Ettore Scola sont souvent présents pour présenter leur dernier film ou pour d'autres occasions. Avec Ettore Scola le cinéma a organisé par exemple un très bel hommage à Marcello Mastroianni.
En octobre, une fois le festival d'Annecy terminé, le Latina propose « Annecy à Paris ». Les films en concours sont présentés dans les deux salles et un jury de 10 jeunes lycéens des classes d'italien de la Région Parisienne sont invités à décerner le prix « Jeune Public ». A cette occasion, les réalisateurs des films primés à Annecy viennent présenter leur œuvre.Accattone
20, rue Cujas 75005 Paris
Tél. 01 46 33 86 86
C'est l'Eldorado pour tous ceux qui aiment les classiques du cinéma italien, Fellini, De Sica, Antonioni, Visconti mais surtout Pasolini. C'est en effet, d'un de ses films que le cinéma tire son nom.
Il est important de préciser qu'il ne s'agit pas d'un cinéma italien. Il se veut plutôt un cinéma européen, même si, très rarement, on trouve à l'affiche aussi des films américains. Mais dans ce cinéma d'essai, qui existe depuis quinze ans, les films projetés, quel que soit le pays d'origine, sont, toujours de très haut niveau.
Bien qu'il ne s'agisse pas d'un cinéma italien, il a avec ce pays un rapport privilégié, ne serait-ce que par son nom. Chaque semaine, vous avez un grand choix de films italiens classiques mais aussi, de temps à autres, des productions assez récentes.
De plus, depuis 1996, le cinéma décerne le Prix international Pier Paolo Pasolini en trois sections. Ainsi, chaque année, le cinéma couronne un artiste polyvalent « ayant su affirmer, avec intransigeance, sa singularité au travers de son œuvre », une personnalité ou un organisme culturel « qui apporte, avec la même intransigeance, son soutien à la création », un artiste révélation « afin de mieux faire connaître son œuvre.

20, rue du Temple 75004 Paris