Quoi faire lorsque tout foire ? Que rien ne marche dans aucun domaine ? C'est la question que se pose Stefano Nardini, une petite star rock, qui s'est retrouvé du jour au lendemain sans copine, suite à une fâcheuse découverte, sans logement, car il habitait chez elle, sans boulot, car un musicien de son groupe s'est cassé un bras en tombant de l'estrade. Il ne lui reste qu'une vielle voiture aux portières capricieuses.
Pour avoir un peu de réconfort il décide donc de quitter la grande ville et de rentrer pendant quelques temps chez ses parents à Rimini en Romagne. Il avait un peu perdu le contact avec eux qui n'appréciaient pas tellement son coté excentrique et son travail " qui n'en était pas un ". Son père est un industriel fortuné propriétaire d'une société leader mondiale dans les cerises à l'eau de vie.
Lorsque Stefano débarque chez ses parents, sans prévenir, il trouve pas mal de bouleversements. La raison de son voyage et, plus généralement, son rôle à l'intérieur de la famille n'échapperont pas au tourbillon des événements.
C'est une petite histoire très bien racontée. On ne s'ennuie jamais et le ton demeure juste pendant toute la durée du film. Une féroce ironie accompagne la description des événements dont Stefano, magistralement interprété par Valerio Mastandrea, est le spectateur. Mais à un second degré le film est d'une richesse inattendue. Une pléthore de thèmes sont abordés en filigrane. Ciao Stefano propose, entre autres, une réflexion légère, sans être jamais superficielle, sur l' " idéologie du travail ", sur la vie " paisible " et monotone des riches villes de province, sur les images et les stéréotypes, que Zanasi s'amuse, et le spectateur avec lui, à renverser régulièrement, sur le rôle ambivalent de la famille. Tous ces thèmes sont abordés de façon oblique presque imperceptible, tant ils sont bien intégrés dans l'histoire, et dépourvus de toute intention moralisatrice.
Le film de Zanasi signe un tournant extrêmement intéressant dans le panorama d'un nouveau cinéma italien un peu trop sclérosé dans des thématiques usées et qui apparaît donc trop souvent répétitif et maladroit.
