Le Forum accueille les 3, 4 et 5 avril prochains Des Batailles, mis en scène par Olivier Coulon-Jablonka d'après Pylade de Pier Paolo Pasolini, La République de Platon mais aussi d'après des paroles de militants PC, LCR, Gauche alternative, PS, UDF ou UMP !
Le spectacle est né d'interviews réalisées auprès de 8 militants durant les dernières élections présidentielles. Dès lors est intervenue l'idée de s'interroger sur la fameuse " crise de la démocratie ", et de tirer ce raisonnement jusqu'au bout… jouer cette " mise en crise de la démocratie ".
Le résultat est très stimulant. à travers une composition chorale animée avec énergie, il confronte le récit mythologique revisité par Pasolini aux mots des personnes engagées dans l'action politique et aux dialogues platoniciens qui opposent Socrate aux sophistes. La mise en scène, patchwork de théâtre classique, de théâtre documentaire et de théâtre de masque type commedia dell'arte, éclaire de manière drôle et douloureuse l'actualité politique récente.
Dans la tragédie des origines, Pylade est un personnage secondaire, silencieux, toujours dans l'ombre d'Oreste, le héros, "l'inventeur" de la démocratie. Deux mille quatre cent ans plus tard, Pasolini redonne vie à l'ami discret d'Oreste. Parce que les furies - déesses des injustices - sont encore là, Pylade cesse de se taire. Il prend la parole et dénonce les crimes commis par les hommes qui se réclame de la démocratie et part se réfugier dans les montagnes avec les ouvriers et les paysans " l'armée de la montagne. "
C'est ici qu'interviennent ces " paroles de militants ", ces discussions longues et laborieuses du " peuple de gauche", sont en quelque sorte le récit de ce qui se passe dans les montagnes autour de Pylade. Ces débats sont bien le signe d'une vie démocratique, mais ils portent en eux la division et la défaite, inéluctable.
Car face à eux, Athéna, déesse de la raison orchestre la " révolution de droite ", qui amènera, après une victoire " démocratique " éclatante, l'ordre et le conservatisme. Et l'on découvre que les faibles et les opprimés finissent par choisir le camps de leurs oppresseurs dans un happy-end tragique et satyrique. A la cacophonie des militants de gauche succède un chœur béat qui d'une seule voix chante l'ordre retrouvé.
Partenariat Le Forum / L'Italie à Paris
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