cinéma

Publié le mardi, 6 décembre 2016 à 23h26

Fai bei sogni (Fais de beaux rêves), un film de Marco Bellocchio

Par Valentina Pasquali

Fai bei sogni - ballano

2015 Italie-France - 2h10. Avec Valerio Mastandrea, Bérénice Béjo, Guido Caprino.

C'est le moment de Marco Bellocchio: en parallèle avec la rétrospective qui la Cinémathèque française lui a consacrée, il sera en salle à partir du 28 décembre aves sa dernière réalisation. D'après le roman éponyme "Fai bei sogni" de Massimo Gramellini - un des journalistes plus suivi en Italie - le film nous raconte l'histoire d'un mystère tragique, d'un silence familial qui a eu le pouvoir de déterminer l'ensemble d'une vie.

Turin, 1969. Massimo, un jeune garçon de neuf ans, perd sa mère dans des circonstances mystérieuses. Quelques jours après, son père le conduit auprès d’un prêtre qui lui explique qu’elle est désormais au Paradis. Massimo refuse d’accepter cette disparition brutale. Année 1990. Massimo est devenu un journaliste accompli, mais son passé le hante. Alors qu’il doit vendre l’appartement de ses parents, les blessures de son enfance tournent à l’obsession…

"C’est un film que j’ai clairement accepté de faire parce que l’histoire, qui est très différente de mon histoire personnelle, me concernait beaucoup : l’absence de rapport avec ma mère (submergée par mille autres problèmes), notre vie de famille aisée mais avec des problèmes de survie... ; le pouvoir d’attraction de ce rapport mère-fils, Inconnu pour moi, était aussi très fort. Les films ont leur propre destin, mais le point de départ, c’est le rapport entre l’enfant et la mère. C’était la pierre angulaire, le mur porteur, la colonne principale sur laquelle je pouvais construire tout le reste".

Figure centrale d'un nouveau cinéma italien, Marco Bellocchio s'est fait remarquer dès son premier film, en 1966, "Les Poings dans les poches", comme un jeune homme en colère dévoilant la dérive de la société bourgeoise et de ses valeurs. S'écartant du cinéma néoréaliste il s’attaque aux symboles conformistes italiens et esquisse une œuvre politiquement engagée.

Cinéaste politique au plein sens du terme, il pratique un cinéma documentaire engagé et traque les fondements psychologiques et psychanalytiques de la société italienne dans des fictions comme "Le Diable au corps", qui présentant des scènes de sexe explicites, a provoqué un scandale à Cannes.

Revenu depuis quelques années sur le devant de la scène ("Buongiorno notte", sur l'affaire Moro et "Vincere", qui revient sur l'ascension au pouvoir de Benito Mussolini), Bellocchio continue d'incarner un cinéma exprimant, face au monde contemporain, un point de vue au même temps serene et puissant.

Informations pratiques
  • Sortie nationale 28 décembre