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Publié le jeudi, 9 mars 2017 à 09h48

Colonialisme italien. Rencontre avec Carlo Lucarelli et Giulia Caminito

Par Marco Lotti

Albergo Italia - couverture

A l'Institut culturel italien on parlera colonialisme italien le 14 mars 2017 à partir de 19h. Deux écrivains Carlo Lucarelli et Giulia Caminito et deux personnalités liées au monde du théâtre Elvira Frosini et Daniele Timpano.

Le chapitre du colonialisme italien prend soixante ans de notre histoire nationale (1880-1941), mais sur quelle élaboration idéologique sa mémoire repose-t-elle ? Exception faite pour le remarquable Tempo di uccidere, écrit par Ennio Flaiano juste au lendemain de la fin de l’expérience coloniale en 1947, pour longtemps la mémoire du colonialisme italien a été absente dans les média, dans l’opinion publique, dans la pratique artistique, dans le cinéma, dans la littérature : ce n’est qu’à partir des années ‘90, au moment où l’Italie elle-même est devenue destination ou terre de passage des migrants, souvent provenant du Corne D’Afrique, que cet épisode de notre histoire est redevenu central, donnant naissance à un courant narrative « postcoloniale », de la part d’auteurs italiens ou italophone.

Nous avons invités deux écrivains de générations différentes qui ont focalisée leur regard sur le Corne d’Afrique et l’expérience coloniale pour en discuter : Carlo Lucarelli, écrivain et journaliste, qui a dédié trois œuvres à l’Erythrée (L’ottava vibrazione, Einaudi, 2008; Albergo Italia, Einaudi, 2014; Il tempo delle iene, Einaudi, 2015) et Giulia Caminito, jeune écrivaine en résidence à l’Institut pendant le mois de mars, autrice d’un époustouflant premier roman, La Grande A (Giunti, 2016), dans lequel la biographie familiale se mêle au roman de formation dans les vicissitudes de Giada e des autres italiens en terre d’Afrique - la Grande A, justement.

à suivre à 20h30

Acqua di colonia, première partie : Zibaldino africano de et avec Elvira Frosini et Daniele Timpano avec la participation de Shelina Scaravelli

(Spectacle en italien non surtitré, durée : 45 mn)

Le colonialisme italien, une histoire refoulée et niée qui a duré soixante ans. Elle a commencé dès le XIXe siècle, mais dans l’imaginaire collectif elle se résume aux cinq années de l’empire fasciste. C’est du passé, de l’eau qui a coulé sous les ponts « Eau de ‘colonie’ ». Vu de l’Italie, aujourd’hui encore, l’Afrique paraît égale à elle-même, abstraite et mystérieuse, comme ses habitants et ses migrants qui se trouvent actuellement autour de nous, dans le bus, dans les rues, comme un vieux cauchemar qui revient, incompréhensible. La compagnie Frosini/Timpano, présente, pour la première fois en France la première partie de sa dernière production, « Acqua di colonia » (Eau de ‘colonie’) représentée dans sa forme intégrale en novembre 2016 au festival Romaeuropa.

Elvira Frosini et Daniele Timpano sont auteurs, metteurs en scène et acteurs reconnus de la scène contemporaine italienne. Leurs œuvres ont été représentées dans de nombreux théâtres et festivals en Italie et à l’étranger : Teatro Argentina de Rome, Teatro Elfo Puccini de Milano, Festival delle Colline Torinesi, Teatro Bellini de Napoli, "Face à Face" / Théâtre de la Ville de Paris, Place à l'Art Performance et La Nuit Blanche à Paris. Ils ont travaillé pour la Rai Radio3, et en 2014 Rai5 a réalisé une émission à leur sujet dans le cadre du cycle « Rome : la nouvelle dramaturgie ».

Informations pratiques
  • Institut culturel italien
  • 50, rue de Varenne - 75007 Paris
  • 14 mars 2017 à 19h