art et artisanat

Publié le samedi, 28 janvier 2017 à 13h09

Carlo Guaita, Archeologica, Exposition à la Galerie Bernard Bouche

Par Ilaria Venneri

Carlo Guaita

A partir du samedi 4 février 2017 la Galerie Bernard Bouche présente une exposition d’œuvres récentes de Carlo Guaita, "Archeologica".

Dans son exposition, l’artiste Italien (né à Palerme en 1954) nous fait subtilement voyager à travers la sculpture, (ciment, pierre ou carton) la peinture ou les livres en se servant d’une grammaire lexicale qui concerne les titres de séries sur lesquelles il travaille désormais depuis quelques années, comme Dagherrotipi, Orizzonte, I Colassati, Universo Appeso.

Ce sont parfois les titres de petits fascicules que l’artiste édite presque chaque année, le dernier étant Paesaggi residuali. Comme l’explique Denis Viva dans son texte Carottages, la recherche de Guaita affronte la peinture monochrome et le paysage, ce dernier étant entendu comme un antagonisme mais aussi comme substrat générateur. Dans ces divers aspects, l’artiste réalise une stratification continue, presque un archivage, comme cet ensemble d’œuvres sur papier — collage photographie et encre, sous le titre Paesaggi residuali.

Dans les séries Dagherrotipi ou Pozzi, par exemple, il s’agit de peintures monochromes de petites dimensions réalisées, comme toujours chez Guaita, sur un matériau le plus simple possible, en passant et repassant à l’infini sur le support une couleur diluée dans le vernis final transparent. La couleur n’est pas étendue mais laissée à la sédimentation horizontale. Observés de loin, les Dagherrotipi apparaissent plats et réfléchissants alors que, vus de près, ils se révèlent absorbants, saturés et profonds. À nouveau, nous citons dit Denis Viva : « Souvent, mais pas toujours, le noir fait son apparition.

Son intensité est telle qu’il nous laisse percevoir une présence plus qu’une absence. Ce devrait être une absence totale de lumière mais, paradoxalement, il a sa propre force d’émanation. Parfois c’est à cause d’une saturation, d’un calque, d’une pression, d’un déchirement. Dans tous les cas, il s’agit d’une absence obtenue par stratification. Sous la couche de noir, comme une sorte de sur-écriture, il y a parfois des illustrations. Guaita ne les choisit jamais au hasard, bien qu’elles fassent partie d’un très vaste répertoire d’où elles sont sorties avec une juste dose d’indifférence.

Ce sont les tables de l’iconographie des Lumières dont les racines se trouvent dans les livres et les illustrations de l’Encyclopédie, à partir du XVIIIème siècle et jusqu’à nos jours. Éléments d’une table, données, phrases sur lesquelles le pigment se superpose en réitérant le même mécanisme de profondeur/opacité. Elles sont distinctes et unies au même instant.

On perçoit leur stratification, mais l’encre les relie idéalement et techniquement, comme les composants d’un seul et unique projet paradoxal. Il cherche en définitive à conduire la peinture à son accomplissement définitif.

Informations pratiques
  • Galerie Bernard Bouche
  • 123 rue Vieille du Temple 75003 Paris
  • Du 4 février 2017 au 25 mars 2017
  • Téléphone : 01 42 72 60 03
  • www.galeriebernardbouche.com