mise à jour : 06-08-2009 10:43:21
Actualités italiennes

Théâtre

Le Paradis

Le Paradis, d'après Alberto Moravia

Au théâtre Les Déchargeurs, du 19 février 2008 au 29 mars 2008 - Tarif préférentiel pour nos internautes *
Comédie dramatique d'après cinq nouvelles d'Alberto Moravia. Adaptation et mise en scène Benoîte Vandesmet, création lumière Gilles Miot, décors Benoîte Vandesmet et Julien de Coeuilles, costumes Aurélie Secondé. Avec : Emilie Buous, Sophie Clouet, Dorothée Defontaine, Nelle Faure, Benjamin Riquet et Benoîte Vandesmet.

« Le Paradis », libre adaptation de nouvelles d'Alberto Moravia, est une pièce qui met en scène dans un univers électrique, fantastique, des personnages hantés par leurs fantasmes et leur folie. Ambiance cabaret, échappatoire jubilatoire, offrant fantaisie et numéros variés... c'est le cadre des apparitions de cinq femmes vraiment fatales...
Des femmes coincées dans la vacuité de leur " paradis ", coupées du réel et de l'extérieur, qui tentent d'échapper à l'espace confiné dans lequel elles évoluent. Elles se dévoilent, se mettent à nu, défiant la morale et la raison, livrant leur intimité et leur âme. En véritables héroïnes de tragédie, elles sont exaltées, fragiles et féroces, parfois effrayantes ; mais aussi innocentes, drôles, attachantes, en lutte contre leur triste destinée humaine. Vives et à vif, elles imposent leur couleur à la scène, nimbées d'une force comique froide et d'une lumineuse démence.

Les numéros. Quatre tableaux, quatre climats. Une femme arpente la scène, intervenant entre les numéros, et accompagne ce choeur éclaté de sa voix troublante : livrée à elle même et à sa solitude, cette épouse et mère de famille autopsie ses rapports familiaux. Seule à sa fenêtre, une femme est spectatrice de scènes troublantes dans l'appartement d'en face et livre ses commentaires à chaud.
Une autre décide d'instaurer une nouvelle règle de langage entre son amant et elle : à ce jeu-là elle est sûre de gagner... Victime de la tyrannie de son double psychique et physique, une épouse raconte comment son alter ego a tué son mari ; par ennui amoureux, une femme est prête à mettre sa vie en danger...

S'échapper du Paradis. Cinq femmes, prisonnières de leur image, de leur corps social, exposées au regard des autres, refusent l'enlisement. Elles luttent sauvagement contre l'ennui mortifère, la certitude du néant ; laissent libre cours à leurs pulsions et affirment leur personnalité avec une vitalité anarchique. Elles évoluent avec vitupération ou indifférence, voire mépris, dans une cellule familiale qu'elles cherchent à oublier, dominer, éliminer.
Pour pallier la fadeur de leur existence, elles créent une nouvelle dimension, dans laquelle elles pourront faire vivre leur désir et tromper leur isolement.L'érotisation des situations semble être le seul moyen pour ces femmes d'établir un rapport au monde. En se livrant au regard des autres, en se racontant, elles se dévoilent entre pudeur et fureur. " L'érotisme est […] un moyen de communication faute de mieux, un mélange de haine, de mépris, de sympathie, de souvenirs, quand le langage s'est usé. " - Alberto Moravia
Leur discours, naïf et/ou manipulateur, teinté d'ironie et d'humour contribue à apporter légèreté, drôlerie. Une tension comique qui contraste de façon grinçante avec l'atmosphère oppressante, fantastique, qui pourrait régner...

Note d'intention. Le décor est l'univers réel et mental des personnages, leur habitat et le lieu où s'exercent leurs fantasmes : l'espace scénique confond ces deux dimensions.
A l'instar des personnages féminins dans les tableaux d'Edward Hopper, les corps sont isolés dans une solitude, une intimité douloureuse. Le funeste écrin dans lequel brillent ces femmes s'inspire de l'atmosphère fantastique de certains films de Bergman, comme " L'heure du loup ", mais aussi " Toutes ses femmes ", plus fantaisiste, et de celle électrique des films de Pedro Almodovar tel que " Femmes au bord de la crise de nerfs ". La dramaturgie fait référence à l'univers du cabaret, lieu de licence et d'exotisme : c'est une revue menée par des femmes mettant leurs charmes au service d'un numéro, qui de magicienne, qui d'illusionniste, qui de duettiste amoureuse ou masochiste, de meneuse vénéneuse...
Une grande fenêtre lumineuse, seul lien avec l'extérieur, apparaît à chaque point cardinal, limitant et concentrant cet espace dont elles ne peuvent s'échapper. Seule la femme en rouge y est parvenue, au prix d'une libération définitive de tout affect vis à vis de sa famille, et déambule en avant-scène, dans son propre espace.
La lumière émanant principalement de ces fenêtres accompagne la tension électrique des personnages et crée un décor psychique et symbolique. Elle apporte une atmosphère merveilleuse, fantastique et stigmatise la température de leur folie. Elle suit la progression dramatique des séquences, jusqu'à l'éblouissement. Les éléments de décor sont également symboliques de l'enfermement et du mal-être des personnages : des valises qui ne peuvent se remplir ni se vider, un masque voyeur...
Quant au costume : luxueux mais inconfortable. Certaines parties du corps sont trop serrées, la démarche est parfois entravée, l'attitude est guindée par le costume qui induit une certaine contenance. Il est la marque d'une appartenance à un milieu aisé, une sorte de trophée, mais aussi un carcan, qui entrave la mobilité, l'expressivité du corps… qui s'agite sous la férule d'un esprit perturbé... Le personnage masculin récurrent quant à lui, est un archétype d'homme élégant, un peu artiste, " dandy ". Tous les personnages sont très " propres ", très élégamment vêtus, coiffés de façon sophistiquée. L'enveloppe charnelle est conforme... mais trop lisse. Elle trahit pourtant les soubresauts de la violence de chacun.
Dans la littérature du Moyen-Age, entre autres, les couleurs ont une haute portée symbolique et servent à désigner tel ou tel personnage ; c'est dans cette optique que la mise en scène attribue à chaque personnage une couleur qui l'ancre dans une signifiance chromatique : Orgie / jaune, le débordement ou la dissimulation ; Un jeu / bleu, la froideur, la pureté, l'irréalité ; L'armoire / vert, la matrice, le règne végétal, l'eau ; Risque calculé / blanc, le passage rituel, la transformation, le deuil ; Les cafards / rouge, le principe de vie, la puissance, la force.

Informations pratiques
Théâtre Les Déchargeurs   plan d'accès
3 rue Les Déchargeurs - 75001 Paris (M° Châtelet)
Tél. 08 92 70 12 28 (0.34 €/minute)
Dates : du 19 février 2008 au 29 mars 2008. Du mardi au samedi à 20h00

Partenariat Théâtre Les Déchargeurs / L'Italie à Paris
* Tarif préférentiel pour nos internautes
10,50 € et 13,50 € (vendredi et samedi) au lieu de 18,50 €
pour obtenir la réduction:
Réservez en citant l'Italie à Paris au 08 92 70 12 28




abonnements

Creative commons