mise à jour : 20-05-2008 11:47:03
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actualités italiennes

Littérature italienne

Le petit Alberto

Entretien Alberto Moravia - Dacia Maraini, Le petit Alberto

fiche livre  
Ce livre n'est rien d'autre qu'un long entretien entre Dacia Maraini et Alberto Moravia. Publié en Italie en 1986. Dacia Maraini, elle-même écrivain, scénariste, poète et dramaturge, partagea sa vie avec Alberto Moravia entre 1962 et 1983.
Il s'agit d'un entretien à 360 degrés sans retenue ni zones franches. Les questions de Dacia Maraini se portent principalement sur la famille d'Alberto ainsi que sur les éventuels rapports entre les personnages de ses romans et sa propre vie.
On apprend ainsi que les relations entre le petit Alberto et sa famille n'était pas mauvaises mais pratiquement inexistantes. L'écrivain romain nous explique n'avoir jamais éprouvé le moindre sentiment pour aucun des membres de sa famille. Le père timide et colérique, la mère avec ses attitudes propres à la bourgeoisie de province n'exerçaient aucun attrait sur le jeune Alberto. Ses sœurs non plus d'ailleurs ni son petit frère arrivé lorsqu'Alberto avait plus de 5 ans.
Moravia porte un jugement très sévère sur la famille, lieu où l'on " veille beaucoup aux rituels affectifs ". Mais c'est aussi le lieu de la dépendance, c'est pour cela qu'il ne l'aime pas, car il déteste être dépendant. La faille est un thème récurrent dans cet entretien, on dirait qu'il saisit l'occasion pour régler ses comptes. " La famille est un noyau social dans lequel cohabitent des personnes de sexe différent dans la fleur de l'âge avec l'interdiction de se désirer. " Et voilà que les sentiments qu'il avait chassés par la porte reviennent par la fenêtre et deviennent vaguement incestueux.
Dacia Maraini fait bien remarquer que cette dernière définition colle bien avec l'attitude d'Agostino, personnage principal du roman éponyme. Mais à chaque fois que l'intervieweuse tente un rapprochement entre sa vie et ses romans, Moravia réagit en niant de façon absolue tout rapport entre sa propre expérience, ses rapports avec sa famille et ses personnages. Mais les exemples qui accompagnent les questions de la Maraini, qui connaît bien son sujet, son très convaincants.
La maladie, une tuberculeuse osseuse, qui cloua Alberto au lit pendant plusieurs années est un autre thème qui revient souvent dans cet entretien. Moravia parle longuement de l'incompétence du médecin de famille, l'incapacité de son père, coincé par sa timidité, de changer de médecin, jusqu'à l'arrivée de la tante Amélia, mère des frères Rosselli, qui prit l'initiative d'envoyer son neveu au sanatorium dans le Nord de l'Italie. Ce qui le sauva.
C'est un livre important pour les passionnés du romancier italien. Essayant de se protéger, Moravia se découvre et permet au lecteur de se forger d'autres clefs de lecture de ses romans. En revanche, l'entretien post mortem du traducteur à la fin du livre est totalement superflu.

Stefano Palombari

Le mot de l'éditeur

Alberto Moravia s'est rarement confié. C'était un homme, et un écrivain, résolument tourné vers l'avenir, qui n'abordait le passé qu'avec une extrême suspicion. Cette conversation sans retenue avec Dacia Maraini, qui fut sa femme, romancière elle aussi, poète et dramaturge, auteur de scénarios de films - de Pasolini ou de Marco Ferreri retrace les événements qui ont déterminé les résolutions, les engagements, mais aussi les fantasmes et la singularité d'Alberto Moravia. Tout commence néanmoins avec ce petit Alberto, enfermé dès son plus jeune âge dans une solitude méditative, contraint par la maladie (une tuberculoseuse osseuse) à un long séjour en sanatorium, et qui, à dix-neuf ans, achève Les Indifférents, son premier roman, qui le rendra immédiatement célèbre.
Fiche livre
Le petit Alberto
Auteur : Alberto Moravia et Dacia Maraini
Éditeur : Arléa
Prix : 18 €
Parution : octobre 2007

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