Fausse-vraie histoire, " Johan Padan à la découverte des Amériques " est de ces récits nés de la tradition orale populaire, qui ne célèbrent pas les hommes illustres ou les dates historiques, mais qui racontent la nature réelle des évènements.
Avec l'histoire d'un gibier de potence qui découvre l'Amérique, Dario Fo conte les rapports entre le monde européen et les tribus amérindiennes.
Pour cette aventure, il utilise un personnage picaresque, sorte d'aventurier italien qui s'enfuit, de Venise et d'Espagne, pour échapper aux persécutions de l'Inquisition : Johan Padan.
Enfin Séville… quelle ville merveilleuse, il faut la voir ! Il y a toutes ces coupoles rouge et or hérissées de clochers qui grimpent jusqu'au ciel… Il y a toutes ces maisons avec des fontaines partout.
J'étais en extase devant la ville. Mais à peine débarqué, sur le quai, la première chose que je vois, c'est un énorme tas de bois avec quatre hommes assis dessus, confortablement… Ils brûlaient, bien tranquilles…
Ce Johan est un personnage que nous trouvons déjà dans la commedia dell'arte : Giovan, Gian ou Zanni dont le masque représente le paysan, originaire de la Vallée du Po. Rude campagnard, ancêtre d'Arlequin, notre Johan se trouve littéralement projeté aux Indes, enrôlé sur un bateau de Christophe Colomb.
Héros malgré lui, il sera en même temps chef de guerre des Indiens et chroniqueur de la colonisation. C'est à la fois un stratège militaire, dont les troupes indigènes tiennent tête aux espagnols, et un aventurier " donquichottesque ".
Et les autres nous répondent : " Non, merci, assez de petits tours… car de ceux que vous avez emmenés à vos précédents voyages…il n'y en a pas un qui est revenu. Allez, rendez-nous ceux que vous avez… sinon nous vous envoyons des flèches et des lances ! ".
A peine ils avaient flèches et lances qu'on a fait sortir les canons des navires et on a commencé à tirer dans le tas. Ta Ta Boum, et on voyait les guerriers indiens sauter en l'air déchiquetés… un massacre vraiment imbécile.
Ce qui importe ici, c'est la rencontre et la confrontation de deux cultures, que Dario Fo nous raconte dans une langue qui paraît simple, mais qui est une merveille de finesse et de drôlerie, de pittoresque et d'intelligence.
Le comédien est acteur, mime, chanteur et à travers lui, le spectateur semble voir sur la scène les centaines ou les milliers de personnages qui peuplent son récit. Johan Padan nous fait rire de cette tragi-comédie, avec comme complice un masque et la plume truculente de Dario Fo.
C'est moi qui me suis permis de le faire, je m'appelle Johan Padan, ils m'appellent aussi fils du soleil levant et de la lune… je ne sais pas si j'ai bien fait.
Partenariat Théâtre de la Girandole / L'Italie à Paris
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