Dans sa collection Photo Poche, l'éditeur Actes Sud vient de publier un petit recueil de photos du photographe sicilien Ferdinando Scianna de 1960 à 2005. Avec l'aide de Henri Cartier-Bresson, " son maître de toujours ", Scianna a été le premier photographe italien à rejoindre en 1982, l'agence Magnum, il avait 39 ans.
Ses premières photos concernent son île natale, la Sicile, et tout particulièrement le village de Bagheria où il est né en 1943. Il avait une formation classique ce qui explique la dimension littéraire de ses œuvres. La rencontre avec un autre sicilien, Leonardo Siascia, a été fondamentale pour Scianna. Entre eux se noue une amitié qui restera très forte jusqu'à la mort de l'écrivain en 1989. Cette amitié s'alimente aussi d'un regard commun sur la Sicile. Ce que Sciascia décrit avec ses mots Scianna le fait à travers l'œil de son appareil photo. Les deux se retrouveront à Paris ensemble où Scianna était l'envoyé du Magazine milanais L'Europeo.
Dans ce petit livre on trouve donc un échantillon de chaque période de la vie professionnelle de Scianna. Les premières photos siciliennes, les photos de Paris, les photos de ses voyages dans le monde entier jusqu'au dernieres photos de mode. On y trouve une photo de Sciascia avec ses enfants, une photo magnifique de Borges, âgé, aveugle, sous un palmier à Palerme, un très beau cliché de Monica Bellucci en 1991 et aussi des photos qui sont devenues de véritables icônes comme celle de Marpessa. Le seul mystère reste l'ordre des photos dans le livre ni chronologique, ni géographique… il doit y avoir certainement un critère à dénicher.
La préface très intéressante est signée Maurice Nadeau, qui était l'éditeur des œuvres de Leonardo Sciascia pendant sa période parisienne. Il a connu personnellement Scianna, dont il nous trace un portrait vivant.
