Un voyage en Afrique sur les traces de Rimbaud, qui se poursuit en Europe entre l'Ardèche, les Abruzzes, l'Ombrie et la Grèce, à la recherche d'une esclave blanche. On pourrait résumer ainsi ce roman de Gabriel Aldo Bertozzi. C'est l'auteur qui se cache derrière son personnage au nom insolite, Julius Applemayer.
La chimérique Noname (sans nom), le fuit à travers les deux continents. L'esclave, dans leurs jeux sado-masochistes, laisse toujours quelques traces de son passage, histoire de ne pas décourager son poursuivant. Et Julius ne démord pas, poussé par les fantasmes de l'auteur, qui se manifestent tout le long du chemin. Dans son périple il rencontre une armée de personnages inusuels, écrivains, magiciens, prostitués. A son retour d'Afrique, Julius ramène en Europe un bébé cobra. On comprend assez bien l'usage qu'il compte en faire.
Gabriel Aldo Bertozzi, professeur de littérature française, a écrit son roman directement dans la langue de Molière, qu'il maîtrise plutôt bien. Cependant le lecteur remarquera quand même une certaine artificialité dans le style, notamment concernant la syntaxe des phrases. Le langage est pompeux et la construction souvent obsolète, en total décalage avec le thème du livre. Peut-être est-il resté aux temps de certains auteurs qu'il enseigne.
Retour à Zanzibar, c’est un road-movie inspiré et puissant, une course-poursuite aux accents rimbaldiens qui nous mène d’Ethiopie au Mont-Parnasse en passant par le Togo, les Abruzzes. C’est un récit de voyage d’une incroyable originalité parce que centré sur une enquête alchimique, et condensé d’imaginaire antique. Mais de quoi s’agit-il ?
Une édition complète des œuvres d’Arthur Rimbaud, une carte postale d’Arezzo avec la reproduction de la fresque de Piero della Franscesca représentant la reine de Saba, une boucle en argent, un pendentif en or, un billet de banque étranger, deux feuilles de papier pliées d’une certaine manière, etc. Voilà l’étrange kaléidoscope d’objets qu’a laissé derrière elle Noname, « l’esclave blanche » du poète Julius Applemayer, avant de disparaître.
Gabriel-Aldo Bertozzi, directeur de département d'Etudes comparées de l'université de Pescara (Abruzzes), professeur de ittérature française, est fondateur de l’Inisme (l’Internationale Novatrice Infinitésimale, courant d’avant-garde des années 70) et directeur de la revue littéraire d’avant-garde "Bérénice".
